Si vous cherchez encore l’Aliette comme autrefois, le point de départ doit être clair, l’Aliette historique n’est plus commercialisable. En revanche, plusieurs spécialités à base de fosétyl-aluminium existent encore, avec des usages, des statuts et des contraintes très différents. Pour éviter toute erreur, il faut lire la réglementation produit par produit, et non se fier au seul nom de marque.
En résumé :
L’Aliette historique n’est plus commercialisée, mais je vous aide à identifier une spécialité à base de fosétyl-aluminium adaptée en vérifiant l’AMM et les conditions d’usage pour protéger vos cultures et l’environnement 🌿.
- Ne pas acheter l’AMM 7700682 (produit retiré depuis 2005) ⚠️.
- Consulter E-Phy avant tout achat : vérifiez le nom exact, le numéro d’AMM, la culture concernée, la dose et le délai avant récolte 🔍.
- Méfiez-vous des statuts, notamment Aliette Green et Keyfol WP (usage professionnel, délai de rentrée 24 h) et des autorisations temporaires comme Aliette Flash (vérifier dates et conditions).
- Ne transposez pas une dose d’une culture à une autre : exemples récents, kiwi 2,5 kg/ha et framboisier 4 kg/ha, avec plafonds et intervalles propres à chaque cas.
- Respectez les contraintes environnementales, par exemple zone non traitée de 5 mètres près des points d’eau, délais avant récolte et précautions pour les abeilles 🐝.
Statut de l’Aliette : ce qui a changé
L’Aliette de référence portait le numéro d’AMM 7700682. Ce fongicide, autorisé dès le 1er février 1982, contenait 80 % de fosétyl-aluminium sous forme de poudre mouillable. Son autorisation a été retirée le 4 avril 2005, et la fiche officielle le classe désormais comme produit retiré.
Concrètement, il n’existe plus d’usage correspondant pour cette ancienne spécialité. Les usages historiques mentionnés concernaient notamment les agrumes, l’ananas, les chicorées à chicons, les cucurbitacées à peau comestible et la lutte contre le mildiou. Ces références appartiennent à l’ancien cadre réglementaire, pas à l’offre actuelle.
Le retrait de l’Aliette originelle ne veut pas dire que toutes les spécialités à base de fosétyl-aluminium ont disparu. C’est même l’inverse, plusieurs produits existent encore, mais leur statut dépend de la culture, de l’organisme visé et de la spécialité précise. C’est ce trio, et lui seul, qui permet de savoir si un usage est autorisé aujourd’hui.
Où trouver une spécialité autorisée aujourd’hui
Pour retrouver une solution proche, il faut regarder les produits encore inscrits dans la base officielle E-Phy. Parmi eux, Aliette Green figure comme un fongicide professionnel contenant 800 g/kg de fosétyl-aluminium, sous forme de granulé dispersable. Sa présentation se rapproche d’Aliette EV, mais cela ne signifie pas qu’elle soit interchangeable sur le plan réglementaire. Pour des conseils pratiques sur une gestion environnementale en extérieur, consultez notre guide sur le jardinage extérieur responsable.
Aliette Green, une spécialité professionnelle
Aliette Green appartient à la gamme professionnelle. Ce n’est pas un produit destiné au grand public, et son usage doit être réservé aux cadres prévus par son autorisation. La fiche mentionne aussi un délai de rentrée de 24 heures, élément à prendre en compte dans toute intervention sur parcelle ou espace planté.
Les usages homologués portent sur le traitement fongicide du sol pour arbres et arbustes d’ornement, ainsi que sur le traitement des parties aériennes des gazons de graminées. La composition annoncée est de 800 g/kg, avec une pureté de substance active d’au moins 96 %, ce qui confirme une formulation pensée pour un usage technique et encadré.
Aliette Flash et ses autorisations temporaires
Aliette Flash, sous le numéro d’AMM 9600025, contient lui aussi 800 g/kg de fosétyl-aluminium. Sa situation est particulière, car il ne s’agit pas d’un produit disponible en continu. Il bénéficie d’autorisations temporaires, ce qui change fortement la façon de le rechercher et de l’utiliser.
Une première autorisation temporaire a concerné le kiwi du 15 mars au 13 juillet 2025. Une nouvelle période est prévue du 26 février au 26 juin 2026, dans un contexte lié aux difficultés de gestion de Phytophthora. Une autorisation temporaire ne garantit jamais une présence durable en rayon, ni une disponibilité pour tous les usages. Avant tout achat, la consultation d’E-Phy reste indispensable.
Usages agricoles actuels et conditions d’application
Les conditions d’emploi varient selon la spécialité et la culture. C’est précisément pour cela qu’il faut éviter de reprendre d’anciennes fiches techniques sans vérification. Une dose valable pour une culture ne s’applique pas automatiquement à une autre, même si la matière active reste identique.
Voici un aperçu des usages temporaires prévus pour Aliette Flash dans la décision de 2026, afin d’illustrer cette logique de lecture au cas par cas.
Le tableau ci-dessous résume les paramètres principaux indiqués pour deux cultures concernées par cette décision temporaire.

| Culture | Organisme ciblé | Dose | Applications max. | Intervalle | Délai avant récolte | Stades BBCH |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Kiwi | Phytophthora | 2,5 kg/ha | 3 par an | 30 jours | 60 jours | 55 à 81 |
| Framboisier | Pythiacées | 4 kg/ha | 3 par an | 20 jours | 21 jours | 10 à 79 |
Pour le kiwi, la décision 2026 autorise 2,5 kg/ha, avec un maximum de 3 applications par an et un intervalle de 30 jours. Le délai avant récolte est de 60 jours, sur des stades allant de BBCH 55 à BBCH 81. Pour le framboisier, la dose monte à 4 kg/ha, avec le même plafond de 3 applications annuelles, un intervalle de 20 jours et un délai avant récolte de 21 jours.
Ces chiffres montrent bien qu’une ancienne logique d’usage ne peut pas être transposée telle quelle. Même au sein d’un même fosétyl-aluminium, les règles changent selon la spécialité, la culture, la période d’autorisation et le bioagresseur ciblé. On rencontre aussi des plafonds annuels d’acide phosphonique équivalent pour certaines cultures, par exemple 7 kg/ha/an pour la laitue, 9 kg/ha/an pour le concombre et 10 kg/ha/an pour la vigne, mais ces valeurs ne se généralisent pas.
Alternatives à l’Aliette : autres produits à base de fosétyl-aluminium
Si vous cherchez une solution proche de l’ancienne Aliette, le meilleur réflexe consiste à rechercher d’abord une spécialité actuelle à base de fosétyl-aluminium, et non la marque historique elle-même. Plusieurs noms reviennent dans les bases officielles, mais chacun possède son propre cadre d’emploi.
Aliette Green, Aliette Flash, Keyfol WP et Aliette EV
Parmi les alternatives recensées figurent Aliette Green, Aliette Flash, Keyfol WP et Aliette EV. Keyfol WP est présenté comme un fongicide professionnel en poudre mouillable à 800 g/kg de fosétyl-aluminium, avec un délai de rentrée de 24 heures. Pour les usages en plein champ, des bandes enherbées de 5 mètres le long des cours d’eau peuvent être exigées, selon les conditions de la spécialité.
Aliette EV est également une préparation à 800 g/kg, mais son statut doit être vérifié dans la base officielle avant toute utilisation. Une ancienne évaluation, même favorable pour certains usages, ne prouve pas qu’un produit soit encore vendu ou autorisé aujourd’hui. Ce point est déterminant, car le nom commercial peut rester familier alors que le cadre réglementaire a changé.
Chaque spécialité diffère par ses usages autorisés, ses doses, ses délais avant récolte, ses catégories d’utilisateurs et les maladies ciblées. C’est pourquoi la comparaison doit se faire à partir de l’AMM et de la fiche E-Phy, pas à partir d’un souvenir de conditionnement ou d’ancienne notice.
Bonnes pratiques à respecter et vérifications avant achat
La première règle est simple, ne pas acheter ni utiliser l’Aliette historique n°AMM 7700682. Ce produit est retiré depuis 2005, et cette mention suffit à exclure tout usage légal de l’ancienne spécialité. Un emballage ancien ou un nom encore connu ne changent rien à ce statut.
Il faut aussi éviter de confondre marque commerciale et autorisation réglementaire. Une même famille de produits peut regrouper des spécialités très différentes. Pour vérifier un produit, il faut regarder le nom exact, le numéro d’AMM, la culture concernée, la maladie visée, la dose, le nombre d’applications autorisées et le délai avant récolte.
Un autre point de vigilance concerne l’usage professionnel. Aliette Green et Keyfol WP relèvent de produits professionnels, donc ils ne doivent pas être utilisés dans un jardin privé sans contrôle explicite de leur statut et de leurs usages homologués. Il ne faut pas non plus transposer une dose du kiwi au framboisier, ou d’une culture ornementale à une culture alimentaire.
La protection de l’environnement doit également guider le choix. Selon les cas, il faut respecter une zone non traitée de 5 mètres minimum autour des points d’eau, une distance de 10 mètres vis-à-vis des lieux fréquentés lors des applications pour Aliette Flash, et les précautions liées aux abeilles, notamment l’absence de traitement en floraison ou dans les zones de butinage sans mode opératoire adapté.
Enfin, méfiez-vous des autorisations temporaires. Une fenêtre réglementaire ne signifie pas que le produit restera disponible après les dates prévues. Pour Aliette Flash, par exemple, la période du 26 février au 26 juin 2026 ne doit pas être lue comme une disponibilité permanente en magasin. Le bon réflexe, avant tout achat ou application, reste la vérification dans E-Phy du nom exact, de l’AMM, du statut, de la culture, de l’organisme cible, de la dose, du nombre d’applications et des contraintes environnementales.
En matière d’Aliette, la bonne lecture est simple, l’ancienne référence est retirée, mais certaines spécialités à base de fosétyl-aluminium existent encore, à condition de vérifier chaque usage avec précision. 🌿
